Au Fil de l’Eau – Le Verdon – Jour 5

Au Fil de l’Eau – Le Verdon – Jour 5

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Nuit froid et humide et jour 5 comme attendu, voir plus…

Je ne suis pas arrivé à me réchauffer en arrivant la veille. Je me suis changé mais pas grand chose y a fait.
J’ai mis mes affaires à sécher mais avec l’humidité ambiante, ça n’a pas marché, ce matin elles sont toujours très humides.
Tant pis je les ferais sécher en marchant. Aujourd’hui, appelez moi Bob !!

Le réveil sonne, 7h. Je l’éteins et… je me rendors 😱😱😱  punaise !! Presque 8h, faut pas trainer si je veux avancer !!!
Je suis à la bourre.

Mais quand j’ouvre la porte…ben…voilà…

Le spectacle est magnifique !!!!

Je prends un certain temps à contempler le paysage qui m’entoure. Je suis dans une mer de nuage ou de brume. Je ne vois pas à 10 mètres de moi mais arrive à voir les sommets des montagnes qui dépassent. Je comprends mieux l’expression qui dit « être sur un petit nuage »..

Je prépare mon petit dej et bois un café pour me réchauffer. Je suis habillé mais Bob est toujours d’actualité.

Je laisse un petit mot, met mon sac sur le dos et pars. Il est 9h30.
Je me retourne une dernière fois pour admirer cette chapelle St Jean dans cette brume. Le soleil à péniblement la force de percer. Je suis heureux, mais il faut y aller.
La nuit a portée ses fruits. J’ai décidé que ce soir je dormirais au point sublime.

J’emprunte un petit sentier. Je ne vois pas vraiment ce qui m’entoure mais ce n’est pas désagréable finalement d’avancer comme ça.

Sur le passage, je tombe sur une source « Abreuvoir à mulets », ça ne s’invente pas !!
J’en profite pour faire une petite toilette, brossage des dents, ça fait du bien et hop, je repars.

Je suis toujours plus ou moins dans la brume. Je pensais suivre le sentier indiquant Rougon 10kms, mais en fait pas du tout. Le parcours que je m’étais fixé descendait au plus près du Verdon, pour mieux remonter ensuite… lol
Je mettrais finalement beaucoup plus des 2h30 prévues la veille pour arriver !!

J’emprunte la route des gorges. J’apprécie aussi de faire des tronçons de route. En voiture on a rarement le temps d’apprécier le paysage, ou on ne peut pas vraiment s’arrêter aussi, alors que la, j’ai le temps et j’en profite.

Vers 12h15, pause repas, mais je ne traine pas, le ciel est déjà bien chargé et je sais que je vais encore me prendre de l’eau sur la figure…
Le temps de manger ma fondue, dont l’ail me remonte encore et hop, je repars…

Une belle petite côte – et pas de bœuf – m’attend.. environ 450m de D+. Ça va le faire, Rougon n’est plus qu’à 4,5kms. En avant…

Mais voilà…vous vous y attendez hein, avouez, voilà la pluie… et je n’étais pas encore arrivée en haut de ma côte !!! Je m’équipe et continue, de toute façon, il n’y a pas un abri…
Finalement, je ferais les 4,5kms malgré la côte en même pas 1h30 je crois !!!

Un de mes plus gros regret sur ces 11 jours sera à ce moment précis. Je suis sur les hauteurs des gorges. J’ai cette magnifique chaine de montagne devant moi, le Verdon qui coule en bas, mais sous cette pluie intense, je n’ose pas sortir mon téléphone pour faire la photo.
Je suis contrarié. Je râle tout ce que je sais !!
Avoir fait tout ce chemin pour ne pas faire La photo !! A quoi bon ?? Je suis déçu et franchement « Pas Content ». (VS si vous me lisez 😉 )

J’arrive à Rougon, une vrai soupe, je dégouline… qui a dit que le K-Way c’est étanche ?? Je tombe sur une dame qui me propose d’aller me sécher dans sa crêperie « Le mur d’abeille ». (pas de compte fb ni IG, Séb qui a dit que j’étais has been.? 😁😁 )
Je me pose un peu, sèche tant bien que mal, met mon tél à charger un peu et en profite pour me boire une pression…ça fait un bien fou !!!

Une accalmie, je décide de reprendre ma route, objectif du jour, le point sublime. Mais pas plus tôt parti, pluie… Je sais pas ce que j’ai fait au bon dieu mais il m’en veut !!!
Je m’habille à nouveau sous un passage d’une ruelle, et c’est parti. Un panneau indique point sublime, 1km, 30minutes.. 20 minutes après je suis en bas… trempé à nouveau…

Je vois un abri bus, je m’y jette et voilà, depuis, j’attends que la pluie cesse. Il faut que je puisse planter la tente pour la nuit. Mais visiblement, ce soir, je vais devoir me contenter d’un angle de mur comme appui…

Au punaise, l’orage gronde, manquait plus que ça !!!
Il y a du vent. Toutes mes affaires sont trempées. Mes 2 tenues. Je n’ai plus rien de sec si ce n’est un haut pour dormir. Je me refuse à le mettre car si jamais je le mouille aussi, je n’ai vraiment plus rien. Hors de question. Trempé pour trempé, je reste comme je suis.

J’ai froid, je tremble dans tous les sens, mais je publie malgré tout mon post de fin de journée. Ça rythme ma journée et le soutient des membres du groupe m’apporte énormément, surtout dans ces circonstances.

Je suis avec des gens qui me demande ce que je fais, ils me prennent pour un fou !!😁😁

J’écris, je lis puis je reçois un message en privé. C’est Nad. Quelques jours avant elle m’avait dit avoir cherché à me faire hébergé chez les propriétaires de l’auberge du point sublime, mais malheureusement pour moi, il n’était pas la.
Je lui demande si par message il serait possible de leur demander si je peux aller me mettre sous un abri de l’auberge. Mais pour ça, il me faut pénétrer dans leur propriété et malgré le froid, la pluie et le vent, hors de question pour moi de rentrer chez quelqu’un sans autorisations.

Et après quelques messages, Nad me dit « attends, je suis en communication avec Philippe ». Je ne sais pas qui est Philippe mais ok, j’attends… C’est bon, Philippe arrive !! Ok, super, mais c’est qui Philippe ??
Même pas le temps de finir ma phrase que je vois un homme arriver vers moi… C’est toi Sébastien? Oui. Salut, moi c’est Philippe, le propriétaire de l’auberge. Je ne devais pas être la mais j’ai du reporter mon départ à demain. J’ai une chambre, pas très bien rangée, mais si tu veux, tu peux y rester pour la nuit !!
Je ne sais pas si ça s’est vu sur mon visage, mais Philippe était mon sauveur du jour !!
Voilà plusieurs heures que j’étais sous mon abri bus, à me dire que la nuit allait vraiment être compliquée. Impossible de poser la tente, impossible de me réchauffer, c’était vraiment la pagaille dans ma tête et voilà. Philippe !!

D’autant que je n’avais pas vraiment le moral. Pendant ce temps, j’avais aussi écris avec Sébastien qui me recommandait de ne pas faire mon itinéraire prévu le lendemain. Je devais faire le sentier Martel, le sentier de l’Imbut et sortir par le sentier Vidal pour aller direction Aiguines. C’était ma plus grosse journée du parcours. Je m’y étais préparé autant physiquement que moralement. Je savais que j’allais souffrir, mais j’étais prêt. Et voilà qu’on me disait de renoncer. C’est pas mon genre de renoncer. En général, même si j’écoute, je suis plutôt comme le coq, je me dis que ça pue quand j’ai les 2 pieds dans la merde.
Et il fallait que je renonce avant même d’avoir commencer. Punaise. J’étais dégouté.
Mais les arguments de Sébastien étaient la. Il avait plu ces derniers jours – non?? vraiment?? – et les sentiers allaient être dangereux !! A quoi bon se lancer si c’était pour se blesser voir pire, tomber et y rester ??
Avouez, ça a de quoi faire réfléchir ??
Nous avions fait ensemble le point sur déférentes possibilités Bis. A moi de décider.

Mais pour le moment, je faisais connaissance avec ce qui serait ma chambre pour la nuit… Un lit, une douche et du chauffage !!! Quel bonheur !!!
Philippe m’installait un chauffage en plus, c’était un hôtel 10 étoiles pour moi !!

En quittant la chambre, Philippe me dit que si je veux, je peux me joindre à eux pour manger. Gêné, je ne veux pas déranger. Il insiste pas, mais je me laisse convaincre – assez facilement en fait 😉

Le temps de prendre un douche chaude, je met toutes mes affaires à sécher, rassure mes proches que finalement je suis en sécurité et je rejoint Philippe.

Magali sa femme est la et m’accueille avec un super sourire. Regarde mon sachet lyo et me dis « Vous n’allez pas manger ça quand même? » mdr
Heuuu, si…
Finalement, mon sachet restera poser sur le meuble et nous partagerons le repas.
A ce moment la, si j’avais pu leur chanter la chanson de Brassens, je l’aurai fait en boucle !! Vous savez « Ce n’était rien qu’un bout de pain, mais… » Ben j’en étais la !!
Magali devant partir, je passe la soirée à parler avec Philippe, de ma rando, de photo, du parc du verdon, jusqu’à ce que l’heure me rappelle qu’il faudrait que j’aille me coucher.
Arrivé dans la chambre, je ne fais pas un pli, je m’endors !!

Demain j’avais prévu départ 8h pour avoir le temps de faire les 3 sentiers comme prévu.
Mais punaise, je suis pas sûr de mon coup la… Les paroles de Sébastien résonnent encore.
On verra bien, chaque jour suffit ça peine !!

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